Wendel nomme André François-Poncet pour remplacer Frédéric Lemoine

Dans l’univers feutré des anciens maîtres de forges de Lorraine, on sait rester en famille. Après l’annonce surprise début septembre du départ de Frédéric Lemoine, président du directoire de la société d’investissement Wendel, on attendait de savoir qui prendrait la tête du holding d’investissement de la famille éponyme. Les héritiers ont hésité longuement, après avoir examiné (selon «Les Echos») les candidatures de Jacques Veyrat (Impala), Hugues Lepic (ex Goldman Sachs) ou Eric Maris, ancien de Lazard Paris et co-fondateur de la banque d’affaires MMA créée par Jean-Marie Messier. Le choix s’est finalement porté sur un ancien de… Morgan Stanley, André François-Poncet, 58 ans, dont le brillant CV (HEC Harvard) est doublé d’un lien de famille, puisqu’il est rattaché à la fille de Marguerite de Wendel, qui a épousé son oncle, l’ancien ministre des affaires étrangères et diplomate Jean-François-Poncet. Il est aussi le descendant par sa mère, Marian Sachs, du fondateur de la première banque d’affaires mondiale, Goldman Sachs. Bref, avec un tel héritage dans la diplomatie, l’industrie et la finance, il ne pouvait que plaire aux héritiers Wendel…

L’annonce du départ de Frédéric Lemoine avait pris de court les observateurs et provoqué une brève chute en Bourse du titre de Wendel, qui s’est depuis largement repris. Frédéric Lemoine venait en effet d’être renouvelé en avril à la présidence du directoire, après huit ans à la tête de la société qu’il avait fortement redressé, le cours de bourse étant multiplié par 8 en huit ans, de 15 à 130 euros, après une période de crise suite à l’investissement pris dans Saint-Gobain. Sous la houlette de cet ancien inspecteur des Finances et secrétaire général adjoint de l’Élysée sous Jacques Chirac, Wendel, actionnaire notamment de Saint-Gobain et Bureau Veritas, a engagé à partir de 2013 une large diversification de ses investissements. La société a investi plus de deux milliards d’euros dans de nouvelles entreprises et zones géographiques, particulièrement en Amérique du Nord et en Afrique. La stratégie a été payante : les comptes du groupe sont revenus dans le vert au premier semestre 2017, après une année 2016 difficile.

André François-Poncet a passé les seize premières années de sa carrière chez Morgan Stanley, dont il notamment géré la création du bureau parisien. Il a ensuite rejoint le fonds d’investissement BC Partners de 2000 à 2015. Depuis l’an dernier, il est par ailleurs administrateur de l’assureur Axa. Sa nomination avait été révélée à la mi-octobre par le Journal du Dimanche, qui expliquait le départ de Frédéric Lemoine par des divergences avec la famille Wendel, celle-ci souhaitant selon le journal des investissements de plus long terme sur le modèle de Bureau Veritas et recentrés sur le secteur industriel plutôt que sur la multiplication des investissements.

Frédéric Lemoine restera à son poste jusqu’à la fin de l’année avant de passer le relais et restera selon le Figaro jusqu’en 2020 l’unique représentant de Wendel au conseil d’administration de Saint-Gobain, alors que la holding familiale se désengage progressivement. Depuis le printemps, Wendel ne détient plus que 2,5% du capital du groupe industriel. La société d’investissement Wendel doit annoncer en mars prochain ses résultats annuels. Ce sera le premier baptême du feu pour le nouvel homme fort de la holding, à charge pour lui d’élaborer une stratégie à la fois convaincante pour le marché et ses exigeants actionnaires familiaux…

Article Source

Добавить комментарий

Яндекс.Метрика