Restructurée, HSBC couvre de dividendes ses actionnaires

Oubliées, les incertitudes du Brexit et les tensions géopolitiques qui menacent le commerce mondial : la banque britannique HSBC est en pleine forme et tient à le faire savoir à ses actionnaires, avec un troisième programme de rachat d’actions en un an, d’un montant qui pourrait atteindre 2 milliards de dollars. Deux ans après l’annonce d’un plan d’économies drastique, prévoyant notamment une réduction de 10% des effectifs en deux ans, la première banque européenne en termes d’actifs peut se targuer d’avoir amélioré sa rentabilité. HSBC a dépassé les attentes au premier semestre, avec un bénéfice avant impôt de 10,2 milliards de dollars, en hausse de 5%, pour des revenus de 26,2 milliards, en recul de 11% du fait des effets de change et de périmètre.

« Nous avons réalisé un excellent démarrage de l’année 2017, reflétant les changements mis en place depuis notre journée investisseurs de 2015 et le renforcement de notre compétitivité », a fait valoir le directeur général, Stuart Gulliver.

Le DG, qui a repoussé son départ à la retraite, potentiellement jusqu’en décembre 2018, prépare sa sortie sur un bon bilan.

« Pivot vers l’Asie »

Stuart Gulliver a remercié les 233.000 collaborateurs des « efforts considérables » accomplis. Il y a deux ans, ils étaient 266.000. Entre temps, la banque britannique a vendu ses activités au Brésil et en Turquie, ce qui a diminué de 25.000 environ le nombre d’employés du groupe, et a aussi supprimé 466 postes en France, où elle prévoit cependant de rapatrier environ 1.000 emplois dans le contexte du Brexit.

La banque a réduit ses coûts mais aussi gagné des parts de marché et augmenté ses revenus en se repositionnant sur des marchés porteurs, en particulier l’Asie, son fief historique. Ce « pivot vers l’Asie » était l’un des axes du plan de 2015 : HSBC réalise désormais 49% de son activité et 68% de ses bénéfices avant impôt en Asie. Son activité de gestion d’actifs et d’assurances est en forte croissance. La Hongkong and Shanghai Banking Corporation née en 1865 va poursuivre ce déplacement de son centre de gravité, en profitant de l’ouverture des marchés financiers chinois : elle vient d’obtenir le feu vert pour lancer en joint-venture Qianhai Securities, le premier courtier de Chine continentale détenu par une banque internationale. HSBC est déjà la première banque étrangère sur le marché des « panda bonds », les emprunts obligataires en renminbi réalisés par des émetteurs non chinois.

Champion de la création de valeur

Le symbole de la bonne santé recouvrée de la banque, c’est sa générosité avec les actionnaires. Stuart Gulliver a ainsi mis en avant :

« Au cours des douze derniers mois, nous avons versé plus de dividendes que n’importe quelle autre banque européenne ou américaine et restitué 3,5 milliards de dollars aux actionnaires sous forme de rachats d’actions. »

En tout, depuis août 2016, HSBC aura procédé à 5,5 milliards de dollars de rachats d’actions. En cumulé en 2015 et 2016, la banque a versé 20 milliards de dollars de dividendes. Ce qui la place en tête des banques européennes, et de très loin.

[Comparaison de la rémunération des actionnaires, dividendes et rachats de titres, des grandes banques européennes et mondiales et taux de rentabilité pour l’actionnaire (TSR), qui inclut l’évolution du cours de Bourse et le dividende versé, en monnaie locale depuis juin 2015. Crédits : HSBC]

La banque britannique fait la course avec les grandes américaines : JP Morgan a annoncé, fin juin, un méga-programme de rachat d’actions de 19,4 milliards de dollars au cours des douze mois à venir. Citigroup a prévu un plan de 15,6 milliards de rachats de titres et Bank of America pour 12 milliards. Ces plans servent à diminuer l’effet dilutif des plans de rémunération en actions ou des dividendes en actions.

 La nouvelle est bien accueillie à la Bourse de Londres, où le titre HSBC gagne près de 2%.

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