Crédit Agricole : son meilleur trimestre depuis 2011 !

[Article publié à 7h50 et mis à jour à 12h]

Résistant. Malgré des taux d’intérêt historiquement bas depuis mars 2016, le Crédit Agricole a enregistré de solides résultats au deuxième trimestre, supérieurs aux attentes, y compris dans son activité de banque de détail, la plus affectée par cet environnement de taux qui pince ses marges d’intérêt. L’entité cotée en Bourse, Crédit Agricole S.A. (CASA), a dégagé un bénéfice net de 1,3 milliard d’euros, en hausse de 17%. En excluant les éléments exceptionnels, notamment la plus-value de 176 millions d’euros sur la cession des titres Eurazeo en juin (à la famille Decaux pour 790,5 millions d’euros), la hausse du résultat «sous-jacent» est même de 43,4%, à 1,17 milliard d’euros, «grâce à une bonne croissance des revenus et surtout une bonne maîtrise des charges» souligne la banque dans son communiqué.

«C’est le meilleur trimestre de Crédit Agricole S.A. depuis 2011, sachant qu’à l’époque le bénéfice intégrait 25% du résultat des caisses régionales», a souligné Philippe Brassac, le directeur général de CASA, lors d’une conférence téléphonique.

Le groupe Crédit Agricole a en effet procédé l’an dernier à une vaste réorganisation de son capital : les 39 caisses régionales ont racheté la part de 25% que CASA détenait dans leur capital, une opération à 18 milliards d’euros.

[Revenus et résultat net part du groupe de Crédit Agricole S.A.par pôle au premier semestre 2017. Banque de proximité = LCL]

«Bonne récolte»

La Banque verte se félicite d’une «forte dynamique commerciale dans tous les métiers et réseaux de distribution de Crédit Agricole S.A. ainsi que des Caisses régionales», qui reflète «une meilleure activité économique dans les marchés européens.» Ceci dit, le produit net bancaire (PNB) des caisses accuse un recul de 4,1% en sous-jacent, reflétant la baisse des marges d’intérêt.

«Bonne récolte malgré des conditions météorologiques difficiles» résument les analystes du courtier Jefferies ce jeudi dans une note à leurs clients.

En revanche, le LCL semble remis d’aplomb : la banque de détail a augmenté de 1% ses revenus à 912 millions d’euros, grâce à la hausse des commissions, et de 40% son bénéfice net à 186 millions d’euros sur le trimestre. Ses encours de prêts immobiliers ont crû de 10,6% en un an, ceux des crédits aux pros et entreprises de 11,9%.

«La vague de remboursement anticipé des crédits immobiliers, très importante en 2015 et 2016, s’est très largement calmée et a retrouvé un niveau quasi normal, avec un rythme de 400 millions d’euros par mois» a souligné Jérôme Grivet le directeur général adjoint de Casa en charge des finances.

Le groupe a annoncé que LCL était en négociations exclusives (avec un repreneur potentiel non dévoilé) en vue de céder la Banque Thémis, spécialisée dans les services bancaires aux entreprises en difficulté, procédures collectives ou amiables.

Emprunts jumbo et financements «verts»

Crédit Agricole souhaite a contrario toujours réaliser l’acquisition de trois petites caisses régionales en Italie, où sa filiale Cariparma a connu «une belle croissance de ses revenus et de ses résultats».  Le pôle de banque de détail international a cependant été pénalisé par la dévaluation de la livre égyptienne.

Le pôle d’activités de marchés («Grandes clientèles»), le deuxième en termes de contribution au bénéfice après celui de gestion d’épargne et assurances, a connu un bon trimestre, notamment dans les métiers de taux, change et crédits, «malgré des flux clients en baisse dans un marché attentiste et une volatilité faible», comme avait pu le souligner la Société Générale mercredi, par rapport à un deuxième trimestre 2016 très fort. Un effet de base qui a aussi affecté l’activité sur les marchés d’actions, en baisse de 11%. Crédit Agricole se félicite cependant d’une «bonne performance des activités de conseil de la banque d’investissement» où il se classe au quatrième rang des conseils de fusions-acquisitions en France, avec 24 opérations.

Alors que certaines banques européennes, britanniques, suisses ou allemandes, cèdent du terrain après avoir réduit la voilure, le contexte est favorable aux gains de parts de marché. Ainsi, la filiale CACIB était «sur le trimestre, n° 2 mondial des émissions jumbos toutes devises», ces emprunts obligataires de plus d’un milliard, avec une part de marché en hausse de 1,6 point à 9,1%, et n° 4 mondial des crédits syndiqués en Europe-Moyen Orient-Afrique. La Banque verte se targue aussi d’être «n° 1 mondial toutes devises confondues en financements verts», comme teneur de livres d’émissions de «green bonds», avec 23 opérations, selon Thomson Financial.

L’action Crédit Agricole S.A. perdait cependant plus de 1,5% ce jeudi matin dans les premiers échanges. A 12h, elle a effacé ses pertes et est stable. Le titre a gagné plus de 94% en un an.

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