Crédit Agricole résiste au coup de mou sur les marchés

[Article publié à 7h05 et mis à jour à 9h40]

Même à la Banque verte, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, comme le veut l’adage boursier. Après une série de très bons trimestres, en particulier à l’automne dernier, dans le contexte du Brexit qui avait dopé les activités de marchés, le Crédit Agricole S.A. (CASA), l’entité cotée du groupe bancaire mutualiste, accuse le coup au troisième trimestre : son bénéfice net part du groupe recule de 5,2% à 966 millions d’euros (en sous-jacent, hors éléments non récurrents, notamment la plus-value de cession de Banca Saudi Fransi en Arabie Saoudite).

Le résultat chute même de 42,8% en données publiées du fait de la plus-value exceptionnelle de 1,2 milliard encaissée l’an dernier à la suite de la réorganisation capitalistique opérée avec les caisses régionales (Eurêka). Il s’agit du «deuxième meilleur troisième trimestre en sous-jacent depuis 2006» a cependant fait valoir le directeur général de CASA, Philippe Brassac, lors d’une conférence téléphonique.

L’action Crédit Agricole S.A. chute de plus de 4,5% ce mercredi matin dans les premiers échanges. Elle a gagné plus de 36% en un an.

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Effet Brexit et saisonnalité des marchés

Le produit net bancaire a progressé de 3,5% à 4,5 milliards d’euros mais s’est replié de 0,8% à périmètre constant «à cause d’un effet de base défavorable : la contribution de la banque de marchés et d’investissement avait été particulièrement élevée au troisième trimestre 2016, grâce à une activité accrue sur les marchés de capitaux après le référendum au Royaume Uni sur son maintien dans l’Union Européenne», explique le groupe. La saisonnalité a repris son profil habituel cette année, d’où une forte baisse des revenus des marchés de capitaux (-28,3% sur le trimestre mais +3,8% sur neuf mois). L’ensemble de l’activité de banque de marchés et d’investissement (CACIB) est en repli de14% sur le trimestre, tout comme sa contribution au bénéfice.

La Banque verte fait valoir qu’elle a poursuivi «ses gains de part de marché» dans ces activités, notamment dans le crédit, sa filiale CACIB occupant «la quatrième place mondiale sur les obligations émises par les institutions financières en euro sur neuf mois et la première toutes devises confondues en obligations vertes (green bonds)».

Les services financiers aux investisseurs (Caceis) sont en revanche en hausse de 8%. C’est l’une des rares divisions en progression, avec la gestion d’actifs (+4,6% à périmètre constant) et les services financiers spécialisés (+2,8%).

LCL en voie de stabilisation

En revanche, la banque de détail en France continue de subir l’impact des taux d’intérêt bas. Au troisième trimestre, le produit net bancaire du LCL est en baisse de 3,4%. «Le LCL a subi une vague très importante de remboursement anticipé et de renégociation de prêts immobiliers. Cette vague est terminée» a rappelé Jérôme Grivet le directeur général adjoint de CASA en charge des finances. Le flux de renégociation, qui avait atteint un pic en janvier dernier, a été divisé par dix, il y a donc moins de commissions, et les emprunts renégociés rapportent en moyenne un point de marge d’intérêt en moins.

«Les revenus de 2017 seront globalement équivalents à l’an dernier ou même légèrement supérieurs. LCL est en voie de stabilisation», a-t-il commenté.

«Aucun projet d’acquisition de Commerzbank»

Interrogé sur son intérêt exprimé dans la presse allemande pour Commerzbank à la suite de rumeurs de rapprochements, Philippe Brassac a balayé cette éventualité.

«Sur Commerzbank, mes propos ont été involontairement déformés. Nous n’avons aucun projet d’acquisition de Commerzbank», a-t-il insisté. «La réglementation ne nous pousse pas à ce type de consolidation. J’ai dit que si d’aventure, une consolidation d’envergure se déclenchait, en tant que troisième banque de la zone euro, nous ne pourrions que regarder. Je respecte Commerzbank et [cette dernière] n’est pas à vendre, le gouvernement allemand n’est pas vendeur. Nous restons sur notre plan à moyen terme, centré sur la croissance interne et les acquisitions ciblées, jusqu’à la fin de 2019.»

Si l’Allemagne constitue «le quatrième marché du groupe en termes de résultat», la démarche est la même qu’en Italie où le groupe ne fait «que des acquisitions que nous pouvons intégrer dans notre modèle, sans rupture.»

Nouveau renforcement en Italie

En Italie, précisément, Crédit Agricole s’apprête à réaliser une nouvelle acquisition. Sa filiale de gestion de fortune, Indosuez Wealth Management, a annoncé mardi le rachat d’une part majoritaire de sa concurrente italienne Banca Leonardo, opération qui lui permettra d’accroître de 5,9 milliards d’euros ses actifs sous gestion.

La Banque verte avait conclu fin septembre le rachat de trois caisses d’épargne en Toscane et Emilie Romagne (Cesena, Rimini, San Miniato) pour 130 millions d’euros.

En fin d’année dernière, sa filiale de gestion d’actifs, Amundi, avait acquis l’italien Pioneer auprès d’UniCredit pour 3,5 milliards d’euros.

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